El Cazador de la Bruja エル・カザド 2007

el cazador de la brujaUne ambiance, un récit, du suspense … la troisième et dernière des séries de la trilogie des « Girls with gun« du studio Bee Train. Peut-être le plus abouti des trois, contrairement à de nombreux commentaires et ce malgré un rythme très lent, qui après quelques temps de réflexion semble se justifier en partie pour les besoins de l’ambiance quasi mystique .
Il me semble que les producteurs aient finalement réuni en une série ce qui les démangeaient depuis le début. Un personnage féminin fort par ses armes mais en même temps faible et tenace et le fil du temps qui se déroule au gré des événements à la poursuite d’un but indéfini à la recherche de soi-même.

Une superbe Op de Savage Genius « Hikari no Yukue » et en ED « romanesque » de FictionJunction YUUKA dans une bande son toujours orchestré par Yuki Kajiura.  Il faut el cazador de la brujasouligner, conforme aux réalisations précédentes, la remarquable illustration sonore mélangeant cette fois ci des musiques à l’ambiance sud américaine, flûte de pan et autres mélodies tropicales. On dit souvent que l’OST peut faire tout un film, ici on comprend tout le sens de ces propos. On ressent ici particulièrement toute la dimension de la musique dans de nombreuses scènes dénuées d’éléments perturbants.

Au niveau du dessin on y retrouve bizarrement des traits à mi-chemin entre les deux premiers opus, avec toujours un sens allant vers le naturel. Les personnages principaux sont pour certain très bien illustrés ce qui leur donne, en accord avec une mise en scène les mettant en avant, encore plus de caractère. A souligner de superbes décors naturels de l’Amérique du Sud.

Toujours le même schéma d’épisodes entrecoupés de petite actions .
La série se déroule quelque part en Amérique du sud, c’est d’ailleurs l’ambiance que l’on nous impose par bien des détails … dans les décors, jeep, tacos …
On note que c’est toujours dans le style de la production de situer leur série dans des lieux autres qu’au Japon.

Ainsi connaissant le style des créateurs on pouvait aussi s’attendre à un scénario bien travaillé nous mettant dés le départ dans l’action. Tout faux. Plusieurs épisodes désespérant de lenteur et de questionnement. Toute la série sera menée sur un rythme calme et posé que l’on pourrait qualifier de lent (je suis gentil) , mais qui en fait , et cela on s’en rendras compte bien après avoir terminé la série, correspond (à mon avis) à une ambiance recherchée par les créateurs.

Rythme que l’on retrouvera aussi dans Phantom Requiem du même studio , mais qui ici est beaucoup plus nonchalant et semble un peu décalé par rapport à l’ambiance attendue d’ El Cazador . Malgré mes connaissances d’espagnol  j’ai du replonger dans le dico, le titre semble signifier Le Chasseur de la Sorcière (et non pas Le Chasseur de Sorcière dixit diverses sources). OK d’accord , j’ai toujours rien compris où est le chasseur , où est la sorcière ? Je finis quand même par avoir ma petite idée mais que de temps perdu! On se dit à la fin que 26 épisodes, c’était un peu trop ambitieux . Y avait-il besoin de faire durer le plaisir au risque d’ennuyer totalement le spectateur pendant toute une partie de la série? NON 14 épisodes auraient sûrement donnés un rythme plus propice au succès de cette série.

D’ailleurs à vrai dire , je me suis arrêté au bout de 4 épisodes . Ennui. Puis j’ai finalement pris mon courage à deux mains 6 mois plus tard pour terminer . J’ai bien fait. OUI!  je vous le dis j’ai apprécié le temps qui passe et qui permet de cerner un peu plus les personnages. Mais il fallait, au niveau du rythme, faire table rase des deux précédents opus. (qui n’étaient déjà pas des modèles d’action à bout de souffle).

el cazador de la brujaAinsi vont les épisodes, on suit Nadie et sa protégée Ellis, poursuivi par diverses entités mystérieuses, à la recherche d’un lieux inconnu à travers leur périple. De rencontre en rencontre, on découvre peu à peu la personnalité des personnages principaux sans pour autant en apprendre plus sur l’histoire ni savoir ou nous mène le scénario.

Toujours le couple de filles, thème yuri récurent de la trilogie, on y ressent malgré tout un peu moins les relations amoureuses sous-entendues. Pour une fois les nanas ne sont pas des tueuses pro mais ont la qualité de Chasseur de prime pour l’une d’elle Nadie, ce qui est bien pratique pour créer des situations et des actions violentes, une justification qui n’est pas sans nous rappeler Cowboy Bebop. Quand à l’autre Ellis, amnésique (encore! oui c’est bien pratique aussi)  semble doté de pouvoirs psychiques.

el cazador de la brujaLes caractères des personnages sont très approfondis, ne se limitant pas aux seul deux protagonistes principaux. On a ainsi une panoplie de divers personnages tourmentés de leurs problèmes, interagissant de manière mystérieuse et dont on découvre la complexité au rythme des épisodes.

Le style adopté pour Nadie reflète parfaitement les deux facettes sexy  et classe, forte extérieurement et faible intérieurement qui caractérise les « girls with gun » de Bee Train. Sous son poncho elle cache un quasi bikini et chaussée de bottes de cowboy elle ne semble pas se rendre compte de son sex appeal et de ses attraits, partagée entre son implacable professionnalisme et sa naïveté de shojo.
Nadie, la ballerine: On peut se repasser sans cesse les scènes d’actions proche de l’acrobatie ou Nadie exécute ses adversaires dans des pauses spectaculaires.
Certes les deux premiers opus nous offraient déjà cela mais ici on a l’impression de plus de classe, plus de féminité … là ou Mireille et Kiriko était d’un sang froid purement professionnel et Madlax quasi robotisée …

Mais quand est ce que ça commence?
La route se poursuit ainsi jusqu’à mi-série pour enfin prendre quelques couleurs intéressantes. L’action se met alors en route , toujours sur un faux rythme, on passe d’un thème de thriller au fantastique. Hum, hum est ce que ça commence? Oui et ça ne va pas s’arreter . Le rythme reste languissant mais l’histoire avance alors à grand pas sans pour autant nous brusquer.
Chi va piano va sano e va lontano.

Toujours de belle mise en scène avec de long pano lent , on se croirait dans les macaroni western des années Eastwood.
el cazador de la brujaFinalement après des débuts laborieux on retrouve le style propre et mature, caractéristique des créateurs. Ne cherchez pas d’intrigue compliquée et de scénario ambigu l’action est linéaire , les distorsions se situant cette fois ci au sein de personnages à la recherche de leur identité.

Je pense qu’il faut prendre cela comme un road movie accompagnée d’une excellente bande son , genre Thelma et Louise , Alors on peut considérer cette série, à quelques erreurs de réalisation près, comme toujours située un peu hors du commun dans le petit monde de l’Anime.

el cazador de la brujaEncore une fois on a l’apparition d’une ribambelle de matos que vous pouvez consulter sur la base de données des Anime Firearms. Mais je ne vous parlerais que de l’héroine principale Nadie, elle est équipée d’un Colt 1911 calibre 45 (11.43mm) . Un grand classique très maniable et d’une fiabilité sans faille qui continue, dans des versions plus évoluée à équiper l’armée us. (oui, vous avez deviné c’est mon préféré! de vrai sensations que l’on a pas avec un 9mm moderne).

Pour ma part je suis partagé. Il est vrai qu’après avoir un peu souffert d’ennui, on finit par trouver des justifications . Donc honnêtement il y a une ambiance, une dimension , qu’on retrouve d’ailleur dans les réalisations de ce studio et qui méritent d’être reconnues.
el cazdor de la brujaD’un point de vue cinématographique, cet Anime a toutes les qualités d’un film d’auteur avec ses caprices et ses traits de génie. L’histoire, pour moi, tient toujours une place importante dans l’appréciation d’une série, mais également les personnages et ici je n’ai pas été déçu par ceux ci vraiment très complets et émouvant pour certains.

Alors comparé au deux autres ? différent bien sur, mais peut-être le plus touchant et un tantinet au dessus, la maturité sûrement. Certes, je n’ai pas pris un bon départ, j’ai pensé aborder cette série comme les deux précédent opus, ce fut un tort. Chaque série à sa propre vie. Au fond ce fut un bon moment, mais un moment qui se mérite alors que demander de plus ?  Note: 16/20.

『愛情にはひとつの法則しかない,それは愛する人を幸福にすることだ』
Il n’y a qu’une loi en sentiment, c’est de faire le bonheur de ceux qu’on aime.   Stendhal
(épisode 14: Maple Leaf)

Trois opus dans lesquels les auteurs ont voulu inculquer à leur 3+1 personnages principaux une différence de caractère retraçant au travers des 3 séries les différentes facettes d’une « fille avec flingue ».

Ainsi je me permettrais une analyse un peu pompeuse: Pour les amateurs de vins, je comparerais cette trilogie à une dégustation verticale d’un grand cru appelé « Girl with Gun » ou chaque année a dans la continuité d’un terroir des caractéristiques à nul autre pareil.

Santé!

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A propos animeoyaji

Critique Anime, Animation japonaise et Japanimation par un vieux briscard.
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Un commentaire pour El Cazador de la Bruja エル・カザド 2007

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